(Photo: Pixabay)

Les résidants d’Ahuntsic-Cartierville l’attendaient avec impatience : l’arrondissement vient de dévoiler son projet pilote concernant la possession de poules. Grandement inspirée par le succès du projet réalisé dans l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie, l’initiative est aussi un partenariat avec le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB). 

Nouvelle réglementation

Les résidants qui le souhaitent pourront se prévaloir d’un poulailler à partir de la fin de l’été 2021, espère la mairesse de l’arrondissement, Émilie Thuillier.

Si l’attente semble longue, c’est que le projet s’échelonne sur plusieurs étapes, dont certaines concernent la Ville-centre. 

Lors du dernier conseil d’arrondissement, le 5 juillet dernier, le dossier demandant au comité exécutif de la Ville de Montréal d’autoriser l’arrondissement à poursuivre son projet a été approuvé. Les deux membres de l’opposition au conseil, Hadrien Parizeau et Effie Giannou, ont signifié leur dissidence sur ce dossier lors de la séance. Le JDV a cherché à connaitre la raison de leur objection à ce projet, mais n’avait pas obtenu de réponse au moment de publier.

« Le projet pilote de garde de poules en milieu urbain se veut une mesure issue de notre volonté de développer une agriculture de proximité, portée par les citoyens et des organismes œuvrant sur le territoire de l’arrondissement », peut-on lire dans le sommaire décisionnel du projet.

Pour ce faire, l’arrondissement demande à la Ville-centre d’édicter une ordonnance autorisant la garde de poule dans l’arrondissement.

Le Règlement sur l’encadrement des animaux domestiques de la Ville de Montréal interdit généralement toute forme d’élevage animal dans la métropole a été intégrée, mais a été modifié pour permettre aux arrondissements d’encadrer l’élevage d’animaux de ferme sur leur territoire, sous réserve de l’approbation du comité exécutif.

Petit poulailler, grandes responsabilités

Une fois le projet approuvé, l’arrondissement entend octroyer un contrat de services de 3350 $ à AU/LAB afin d’utiliser leur plateforme Cultive ta ville. Une page dédiée à l’agriculture urbaine dans Ahuntsic-Cartierville sera créée sur le site qui permettra de faciliter la gestion des poulaillers urbains dans l’arrondissement, notamment la gestion des plaintes éventuelles.

La gestion d’un poulailler n’étant pas une mince affaire, il s’agit d’un engagement que pourront prendre 50 familles d’Ahuntsic-Cartierville. 

Pour les intéressés, la marche à suivre est toute simple. Il suffit de s’inscrire sur la plateforme Cultive ta ville de AU/LAB, dès que la page de l’arrondissement sera disponible. C’est également sur cette page qu’il sera possible de trouver l’entièreté des recommandations et consignes. 

Les exigences quant aux poulaillers sont loin d’être démesurées, assure la mairesse, qui justifie leurs nécessités afin d’assurer une salubrité et une quiétude pour le voisinage. 

Des poulettes en cachette

Bien que les poulaillers étaient proscrits jusqu’à tout récemment, certains citoyens possédaient tout de même des poules dans leur cour arrière. 

Si l’arrondissement n’était pas dupe, il n’intervenait pas pour autant (à l’exception des plaintes). Selon Jean-Philippe Vermette, directeur des interventions et politiques publiques pour AU/LAB, rencontré par Journaldesvoisins.com, il fallait y remédier : 

« La réglementation interdit la possession de poules, mais l’arrondissement tolère la situation. Ce n’est pas viable de tolérer quelque chose que l’on interdit. » 

L’encadrement des poulaillers existants s’inscrit aujourd’hui comme l’un des objectifs du projet pilote, confie la mairesse d’arrondissement lors d’une entrevue accordée au JDV. 

Tout comme pour les nouveaux fermiers urbains, l’inscription en ligne et le respect des consignes sont de mise pour pouvoir garder ses poules. 

Succès éprouvé

Les conclusions du Rapport Poule, produit en 2019 par le Laboratoire sur l’agriculture urbaine, sont sans équivoques : l’expérience de l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie s’est révélée des plus concluantes, et rien ne porte à croire que les poules ne devraient pas être autorisées en ville. 

Mme Thuillier, qui se réjouit de pouvoir bénéficier du savoir faire- de AU/LAB, a indiqué que le contenu du projet pilote de l’arrondissement serait d’ailleurs très similaire à celui de l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie. 

La réussite de ce dernier n’est pas unique. D’autres arrondissements ont aussi emboîté le pas avec tout autant de succès, comme Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, qui autorise les poules sur les terrains de 3 000 mètres carrés et plus. Plus récemment, c’était au tour de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles de légiférer sur la question des poulaillers. 

AU/LAB

« AU/LAB ne fait pas la promotion des poules en ville, elle a simplement produit un rapport basé sur les observations d’un projet pilote qui a duré trois ans [celui de l’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie], » précise d’emblée le directeur des interventions et politiques publiques pour AU/LAB. 

Pour M. Vermette, la réglementation concernant les poules est désuète. Un cadre proposé par la Ville-centre et repris par les arrondissements qui le désirent serait, selon le rapport de AU/LAB, la méthode à privilégier.

Passion pour l’agriculture urbaine

L’intérêt manifeste des citoyens d’Ahuntsic-Cartierville pour l’agriculture urbaine, magnifié par le confinement, a concordé avec cette proposition de l’arrondissement, a appris le JDV.

« C’était attendu par plusieurs personnes, » a ajouté la mairesse d’arrondissement qui a indiqué avoir reçu, tout comme son collègue Jérôme Normand, plusieurs requêtes de la part des concitoyens. 

C’est plus qu’en 2018, où le directeur de cabinet du bureau de la mairie et des élu(e)s de l’arrondissement, Jean-François Desgroseilliers, mentionnait n’avoir reçu aucune demande depuis son entrée en poste. 

S’il ne s’agissait pas d’une priorité pour l’arrondissement en 2018, comme l’avait mentionné M. Desgroseilliers, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

La modification du règlement par la Ville-centre a également joué un rôle dans l’annonce du projet pilote, précise Mme Thuillier. Sans cette altération législative, le dossier des poules devait attendre.

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