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La belle au chant plaintif

La Tourterelle triste

Publié le 10/12/2017
par Jean Poitras

Tourterelle triste ( Photo: J. Poitras)

(Mourning Dove)    (Zenaida macroura)

Elle tient son nom, tant en français qu’en anglais, de son chant plaintif « Couaahouu-houu-houu-houu », quelle répète très souvent au printemps et en été. Le mâle se perche en évidence pour chanter et attirer une compagne, ce qui rend l’observation de ce colombidé assez facile.

Description

Son plumage est une élégante succession de dégradés subtils. Un corps effilé avec une tête et un dos gris-beige, les ailes grisâtres avec des points noirs, une poitrine et des flancs beiges lavés de rose, et une longue queue pointue. On note aussi un point noir de chaque côté du bas de la tête.

En vol, on entend le sifflement produit par ses battements d’ailes et on aperçoit des bordures blanches aux extrémités des plumes de sa queue en fer de lance.

Les deux sexes sont identiques. Les juvéniles sont d’une coloration brunâtre avec des marbrures sur les ailes.

Habitat et territoire

La Tourterelle triste semble à l’aise dans une grande variété d’habitats tant agricoles qu’urbains; vergers, petits boisés, bosquets, jardins et parcs sont des endroits où on est susceptible de la trouver.

Elle niche de l’Amérique Centrale, incluant certaines grandes iles des Antilles, jusqu’au sud du Canada. Au Québec, on la retrouve surtout dans les plaines du St-Laurent et de l’Outaouais, et dans la partie habitée du Saguenay-Lac St-Jean. L’Atlas des Oiseaux Nicheurs du Québec (1995) mentionne aussi des observations sur la Côte-Nord, en Gaspésie, à Anticosti et en Abitibi-Témiscamingue.

Nidification

Tant le mâle que la femelle participent à la construction du nid. Celui-ci est une construction plutôt rudimentaire de brindilles et d’herbes installées à la fourche ou sur la branche d’un grand arbre. Il est plutôt fragile et, de ce fait, peut être facilement détruit par un fort vent ou une tempête estivale, projetant les œufs (ou les oisillons) par terre. C’est ce qui est arrivé, il y a quelques années, pour le nid installé dans une fourche de l’érable argenté de la cour arrière de l’auteur de ces lignes.

La femelle pond généralement deux œufs qu’elle et le mâle couvent tour à tour. Lors de cette période, le mâle défend un territoire autour du nid en chantant et en chassant les autres tourterelles.

L’alimentation des oisillons se fait au début par régurgitation d’une purée de graines prédigérées qu’on nomme « lait de pigeon ». Plus tard, les parents y ajoutent progressivement des graines qu’ils picorent au sol. Une fois les oisillons assez développés, les Tourterelles se regroupent pour se déplacer et s’alimenter.

Migration et tendances

En hiver, la Tourterelle triste se retire des régions les plus nordiques de son habitat, soit le sud du Canada et certains états du nord des USA pour y revenir en mars ou avril. Par contre, on a souvent vu des individus passer la saison froide parmi nous, ce qui n’est pas sans danger pour ceux-ci. En effet, des périodes prolongées de grand froid ont causé des engelures aux doigts de pied de ces oiseaux moins bien équipés que nos résidants habitués à y résister.

La présence de cet oiseau dans la région montréalaise n’a été confirmée que dans les années 1920. Le nombre de nicheurs s’y est fortement accru durant les années 1960 à 1990 sans doute une conséquence de l’intensification de l’agriculture et de l’urbanisation. La présence de mangeoires y a certainement contribué.

Toutefois, on note ces dernières années une diminution des observations dans notre arrondissement, phénomène qui reste à être expliqué.

Tourterelle à ailes blanches (Photo: J. Poitras)

P.S.: Les « Snowbirds » qui séjourneront au sud de la Floride cet hiver pourraient y observer une espèce cousine, la Tourterelle à ailes blanches.

 

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