Les Actualités de la semaine

Abonnez-vous gratuitement ici pour recevoir un courriel de rappel chaque semaine!

Page d'histoire

L’avenue de la controverse

John George Lambton, comte de Durham (Souce: Wikimedia Commons)

Qui était le comte de Durham, et pourquoi l’avenue portant son nom dans le quartier Ahuntsic (et ailleurs) serait-elle l’objet de controverse?

John George Lambton, dit Lord Durham (1792-1840) était un aristocrate anglais. Membre du parti whig, mais avant tout réformiste parlementaire, il mène une carrière politique assez controversée en Angleterre.

Entre 1835 et 1837, il devient ambassadeur en Russie puis, le 15 janvier 1838, il est nommé gouverneur général des colonies britanniques en Amérique du Nord.

Patriotes exilés aux Bermudes

Il arrive à Québec le 27 mai 1838. Il est le douzième gouverneur anglais du Canada. Sa mission principale est de mettre fin aux tensions de plus en plus présentes entre les francophones et anglophones du Haut et du Bas-Canada depuis les Rébellions de 1837.

Le 28 juin 1838, Lambton exile aux Bermudes plusieurs patriotes emprisonnés à la suite des Rébellions, ce qui lui vaudra l’opprobre du chef de son parti. Le 9 octobre suivant, il démissionne et retourne en Angleterre. Son séjour ici ne dura en tout et pour tout que cinq mois.

Lambton, qui avait mis sur pied plusieurs commissions d’enquête sur la vie coloniale, remet son rapport au ministère des Colonies le 4 février 1839. Il propose notamment d’instaurer un gouvernement responsable et d’unir le Haut et le Bas-Canada.

Peuple sans histoire?

Le rapport demeure controversé de nos jours, car Durham ne suggère ni plus ni moins que l’assimilation
des Canadiens-français, « un peuple sans littérature et sans histoire » selon lui, et que les anglophones
pourraient assujettir facilement. Le 10 février 1841, le Parlement britannique signe l’Acte d’Union, qui concrétise la suggestion du comte de Durham.

Dans Ahuntsic, l’avenue Durham a été désignée ainsi le 18 février 1927. Elle a été cédée à la Ville de Montréal sous ce nom par la Stanley Bagg Corporation. Stanley Clark Bagg, un des plus gros propriétaires fonciers de Montréal, a aussi donné son nom à la rue Clark.

Cette chronique a été publiée dans l’édition de notre magazine papier de décembre 2013 et mise à jour en février 2018 par Christiane Dupont.