Colibri à gorge rubis – photo: J. Poitras
Colibri à gorge rubis – photo: J. Poitras

(Ruby throated Hummingbird)    (Archilochus colubris)

Les Colibris font partie d’une famille d’oiseaux endémiques des Amériques, les Trochilidés. On ne les retrouve sur aucun autre continent. On compte plus de 300 espèces de ces petits joyaux volants, dont une vingtaine en Amérique du Nord, mais seulement une dans l’est du continent, le Colibri à gorge rubis.

Description

Il fait à peine 10 cm du bout du bec au bout de la queue, possède un dos vert métallique et un long bec noir. Le mâle a la caractéristique qui lui a donné son nom, soit une gorge d’un rouge-rubis iridescent. Ses flancs et son ventre sont verdâtres, sa poitrine blanche et le dessous de sa queue est noir.

La femelle de son côté a une gorge blanche avec de petites taches rouges et ses flancs son roussâtres. Les mâles juvéniles sont similaires aux femelles mais montrent parfois quelques taches rubis au début de l’automne.

Sa taille et le bourdonnement de ses ailes –quand il passe près d’un observateur– rendent l’identification immanquable. Le battement de ses ailes a une fréquence de 20 à 80 battements par seconde, ce qui fait que même s’il fait du sur place, ses ailes nous paraissent floues.

Alimentation et comportement

Notre « oiseau-mouche » se nourrit du nectar des fleurs qu’il puise avec son long bec. On le voit butiner de fleur en fleur en faisant du sur place et du vol en marche arrière, art qu’il maîtrise parfaitement.

Il préfère les fleurs de couleurs vives et qui possèdent une corolle profonde où il enfonce son long bec pour y trouver

Colibri à gorge rubis – photo’ J. Poitras

quelques gouttes de liquide sucré. Les abreuvoirs que plusieurs installent près de leurs maisons ou chalets sont justement fabriqués pour imiter son garde-manger naturel.

À ce propos, il n’est pas nécessaire que le liquide que vous y ajoutez soit coloré. Un mélange d’une part de sucre blanc et de trois à quatre parts d’eau  fait l’affaire. Faites bouillir l’eau, ajouter le sucre et brasser jusqu’à dissolution. Laisser refroidir. Une telle solution se garde au frigo pendant environ deux semaines. Il faut changer la solution de l’abreuvoir deux ou trois fois par semaine. Bien rincer celui-ci et ajouter une solution fraîche d’eau sucrée.

Les Colibris ont tendance à s’approprier un abreuvoir et à en chasser tout autre congénère pendant qu’il s’abreuve. On entend souvent un petit cri susurré durant ces chasses-poursuites. Si votre abreuvoir est trop fréquenté et que les batailles sont fréquentes, installez-en un autre plus loin.

Les femelles vont défendre un territoire restreint autour de leur nid, tandis que les mâles ont tendance à s’approprier les alentours d’un groupe de fleurs et à ne tolérer aucun congénère sauf si la ressource est très étendue.

Le Colibri à gorge rubis complète son menu avec de petits insectes, qu’il capture parfois en vol.

La nuit venue, il semblerait qu’il abaisse son rythme cardiaque et sa température corporelle puisqu’il ne se nourrit que de jour.

Habitat et nidification

Bien qu’essentiellement forestier, notre Colibri préfère les habitats ouverts où poussent les fleurs dont il a besoin. Une région boisée perturbée par l’action de la nature (incendie, tempête, etc.) ou par l’activité humaine (foresterie, agriculture, villégiature, etc.) offre des espaces où les fleurs sauvages, ou cultivées, prospèrent.

Il s’est bien adapté à la présence humaine qui a créé les milieux énumérés plus haut et la multiplication des abreuvoirs  près des habitations n’est pas pour lui déplaire.

Son nid, d’un diamètre d’environ 40mm, est composé d’un tissage de fibres végétales, de mousse ou lichens, retenus ensemble par des fils d’araignée. Il est placé sur une branche d’arbre à faible ou moyenne hauteur.  Les matériaux choisis confèrent une élasticité à la structure du nid, ce qui permet à celui-ci de se distendre pour accommoder la taille des oisillons au fur à mesure de leur croissance. La femelle y pond deux œufs de la taille d’un pois. Elle assure seule la couvaison et l’alimentation des oisillons, ce qu’elle fait par régurgitation.

En raison de sa taille, à peine plus gros qu’une pièce de 1$, et de son emplacement, le nid est très difficile à trouver. C’est pourquoi dans l’Atlas des Oiseaux nicheurs du Québec méridional[1], le nombre de mention de nidification possible ou probable dépasse largement celui des nidifications confirmées.

Territoire et migration

Le Colibri à gorge rubis est celui de sa famille qui couvre le plus grand territoire en Amérique du Nord. Il niche du sud des États-Unis, sauf la pointe sud de la Floride, jusqu’au 50° parallèle nord, de la côte Atlantique jusqu’à la limite des grandes plaines aux États-Unis. Au Canada, la limite ouest inclut aussi les territoires boisés des provinces centrales.

Au Québec, il se concentre surtout dans la vallée du Saint-Laurent, celle de l’Outaouais, régions des érablières à caryer, à tilleul, et à bouleau jaune, ainsi que dans les régions des Laurentides, des Appalaches et du Saguenay-Lac-Saint-Jean où prospère la sapinière à bouleau jaune. Dans notre arrondissement, on a plus de chance de l’observer dans nos grands parcs nature et boisés importants.

Les premiers mâles arrivent dès que les premiers arbustes se couvrent de fleurs, soit au début mai. Les femelles suivent de près et la nidification débute en juin alors que la floraison des plantes sauvages bat son plein. Les colibris nous quittent à la fin de l’été ou au début de l’automne lorsque ces mêmes fleurs se font plus rares.

Ils migrent, pour la saison froide, à l’extrême sud des États-Unis et en Amérique Centrale, un long périple pour un si petit oiseau!

 

[1]  Michel Robert, Marie-Hélène Hachey, Denis Lepage et Andrew R. Couturier – Deuxième Atlas des Oiseaux Nicheurs du Québec Méridional, Regroupement QuébecOiseaux, Environnement et Changements climatiques Canada, Études d’Oiseaux Canada – 1er trimestre 2019 – XXV + 694 pages.

 

 

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