Le parc Zotique-Racicot. (Crédit-illustration: P. Rachiele et google maps)

Jusqu’au 24 juin, l’arrondissement procède à un inventaire de la faune dans le parc Zotique-Racicot, situé à deux rues de la prison de Bordeaux, entre le boulevard Henri-Bourassa et la rue de Salaberry. L’objectif de l’inventaire : confirmer la présence de couleuvres brunes, une espèce susceptible de devenir vulnérable au Québec, dans ce parc qui doit faire l’objet de travaux de réaménagement cette année.

Les données du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) indiquent qu’il y aurait des couleuvres « dans un rayon de 2 kilomètres du parc », indique Mario St-Georges, biologiste sénior et président du Groupe de recherche et d’études en biostatistique et en environnement (G.R.E.B.E.) à qui l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville a donné le mandat de mener l’inventaire de la faune et de la flore du parc.

À la recherche de la couleuvre brune

Débutés à l’automne dernier, les travaux ont déjà permis d’identifier plusieurs « micro-habitats » potentiels pour la couleuvre et d’autres reptiles dans la friche située sous la ligne haute-tension d’Hydro-Québec ainsi que dans les amas de pierres que l’on retrouve à divers endroits dans le parc.

Plan préliminaire de réaménagement du parc Zotique-Racicot tiré du document de rétroaction sur la consultation publique de l’automne 2021. (source : arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville)

« On cherche à vérifier ou à confirmer, effectivement, si ces espèces-là sont présentes dans le parc », indique le biologiste.

Suivant une technique d’inventaire autorisée par le MFFP, le G.R.E.B.E. s’affaire donc depuis le début mai à documenter la présence de reptiles sur le site. Pour ce faire, il a procédé à l’installation d’abris artificiels, composés de deux feuilles de bardeaux d’asphalte déposées au sol.

« Les couleuvres sont des animaux à sang froid, et [elles] ont donc besoin de chaleur pour la production des œufs, pour favoriser la digestion », explique le biologiste.

Comme l’asphalte est particulièrement efficace pour capter et emmagasiner la chaleur des rayons de soleil, les couleuvres seront attirées vers les abris artificiels pour aller se glisser sous les bardeaux ou parfois s’installer dessus pour bénéficier de la chaleur.

Des abris artificiels… pas des poubelles !

Au total, 25 abris ont été disposés tout au long du parc, soit un abri aux 50 mètres environ.

Chaque semaine pendant six semaines, l’équipe du G.R.E.B.E. viendra soulever les abris pour dénombrer les couleuvres. Mario St-Georges qualifie ce protocole de « technique de paresseux » qui évite aux biologistes d’avoir à retourner chaque débris, chaque souche ou chaque roche pour déterminer s’il y a ou non présence de reptiles.

« Il ne faut pas que ces bardeaux-là soient déplacés », prévient Jérôme Janelle, architecte paysagiste à l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, chargé du dossier du réaménagement du parc Zotique-Racicot.

(Photo: JDV P. Rachiele)

C’est pourquoi une campagne de sensibilisation a été menée auprès des personnes qui fréquentent le parc ou qui résident dans les environs, précise la chargée de communications à l’arrondissement, Michèle Blais.

« Des fois, les gens vont voir des bardeaux au sol, vont penser que c’est un débris et vont l’enlever. Ça peut facilement passer pour des déchets qui traînent », convient Mario St-Georges.

(Photo: JDV P. Rachiele)

Des affiches ont donc été installées bien en évidence dans le parc et un dépliant d’information a été distribué par la poste à tous les ménages du secteur.

Réaménager au naturel

Bien que la présence de couleuvres n’ait pas encore été confirmée, il est important d’observer un « principe de précaution », plaide Mario St-Georges.

« Il y a toute une série de mesures qui font partie du plan de protection de la faune », assure Jérôme Janelle.

Des clauses incluses au cahier de charges en vue de l’appel d’offres prévoient, par exemple, que l’entrepreneur sera tenu de sensibiliser le personnel du chantier à la présence de milieux naturels à protéger. Il devra également faire déplacer les couleuvres, au besoin, avant de débuter les travaux, notamment lorsque viendra le temps d’intervenir sur les amas de roche présents sur le site.

« Il y a des bouts de béton, de broches d’acier rouillé, donc [l’idée] c’est d’enlever ça [et] de conserver les belles pierres qui ont de la valeur, de mettre de la terre et puis d’ensemencer avec un mélanger particulier d’ensemencement », explique l’architecte paysagiste.

Ces interventions doivent permettre de végétaliser les talus de roche tout en conservant des pierres exposées au soleil, afin créer des habitats propices pour les couleuvres.

Liane Morin, conseillère en planification des consultations citoyennes intégrées à l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, estime que ce souci de préservation de la faune et de la flore reflète les préoccupations qui ont été exprimées l’an dernier lors des consultations publiques sur le réaménagement du parc.

 « Les gens sont habitués de le fréquenter et de voir un parc très naturel, avec peu d’aménagements, et c’est une des caractéristiques auxquelles ils sont attachés », observe-t-elle.

Les travaux qui devraient débuter cet été ou à l’automne ont donc été pensés pour préserver autant que possible le caractère naturel et sauvage des lieux.

« Dans le concept d’aménagement qu’on prévoit réaliser, les principaux éléments construits ne se trouvent pas dans la zone boisée en tant que telle », précise Jérôme Janelle.

On trouve aussi d’autres petits animaux au parc Zotique-Racicot, comme cette marmotte (Photo: JDV P. Rachiele)

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