Photo prise lors de la marche pour le climat (JDV)

Canicule à l’été, multiples épisodes de gel et dégel à l’hiver, inondations au printemps, les phénomènes météorologiques extrêmes des derniers mois l’ont prouvé : les conséquences des changements climatiques sont bien réelles. Leurs effets se font sentir dans les municipalités, dont Montréal et Ahuntsic-Cartierville.

Suzanne Roy, présidente de l’Union des municipalités du Québec (Photo: courtoisie UMQ)

Suzanne Roy, présidente du comité sur les changements climatiques de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et mairesse de Sainte-Julie, croit que les changements climatiques nous obligent à repenser les infrastructures des villes.

Les pluies abondantes font qu’il faut repenser le drainage. Les périodes de canicule font qu’il faut trouver des espaces pour se rafraîchir, des manières de s’assurer que la population est en sécurité. Le gel fait qu’il faut réparer les rues et prévoir des équipements pour la glace et pas seulement pour la neige.

Cette adaptation est très difficile pour les villes, notamment en raison de ses répercussions économiques. Les infrastructures ont été conçues à partir de données différentes de celles d’aujourd’hui. Mme Roy explique que la construction d’infrastructures aujourd’hui exige des façons de faire et des techniques différentes, qui engendrent des coûts plus importants.

« On doit avoir les moyens de nos ambitions et pour l’instant, les ressources financières ne sont pas toujours au rendez-vous », déplore-t-elle.

La lutte aux changements climatiques devrait être, de l’avis de Mme Roy, une priorité collective.

« Il faut qu’il y ait une volonté politique de rendre les villes plus résilientes aux changements climatiques et de diminuer notre emprunte en réduisant les gaz à effet de serre (GES). Ce n’est pas la seule responsabilité des villes; elles doivent avoir le soutien du gouvernement du Québec. »

Photo prise lors de la marche pour le climat (JDV)

Nécessité d’un changement de comportement

Le rôle principal des villes dans la lutte aux changements climatiques, selon Suzanne Roy, est celui d’agent de changement de comportement auprès des populations. Elles doivent mettre en place des éléments pour faciliter la tâche aux citoyens, pour qu’ils adaptent leurs comportements. Elle énumère, à titre d’exemples, le transport collectif, la gestion des matières résiduelles ou les campagnes de sensibilisation concernant le gaspillage d’eau potable.

« Nous devons avoir une approche incitative pour aider les gens à changer leurs habitudes. Plus ce sera facile pour eux d’adopter des comportements écologiques, plus ils vont y adhérer », explique-t-elle.

La relationniste de la Ville-centre, Camille Bégin, nous apprend que la Ville de Montréal a signé une entente de collaboration avec le réseau Cities Climate Leadership Group (C40), la Fondation Familiale Trottier et la Fondation David Suzuki afin de développer conjointement un Plan d’action climat pour l’agglomération de Montréal d’ici la fin 2020.

Cette entente vise à atteindre les objectifs de réduction des émissions de GES que la Ville s’est donnés.

La sensibilisation et les changements de comportement sont au cœur de la stratégie d’engagement prévue dans cette entente dans le but d’obtenir une large adhésion au projet et d’en décupler l’impact.

Nouvelle réglementation

Outre la sensibilisation, la Ville de Montréal impose aussi de nouvelles réglementations.

« La Ville a annoncé le 6 mai dernier une première étape pour atteindre la carboneutralité du parc immobilier montréalais, qui se traduira par la mise en place d’une réglementation visant l’interdiction et le retrait obligatoire du mazout, qui se fera graduellement jusqu’en 2030 dans les secteurs industriel, institutionnel et commercial, qui se conclura par le secteur résidentiel », nous apprend la relationniste de la Ville.

Un projet de règlement visant l’interdiction des systèmes de chauffage au mazout dans les nouvelles constructions de l’agglomération montréalaise sera également déposé en 2020.

Mme Bégin nous rappelle que le mazout représente encore aujourd’hui 28 % des émissions de GES du secteur résidentiel et 14 % des émissions de GES du secteur commercial et institutionnel de l’agglomération.

Collaboration scientifique

À la vitesse à laquelle surviennent les changements climatiques, il est impossible de dire ce qui sera nécessaire dans dix ans pour y survivre et les combattre, c’est pourquoi il est important, selon Suzanne Roy, de travailler en collaboration avec les organismes scientifiques.

La Ville de Montréal reconnait aussi l’importance de renforcer le partenariat entre la communauté scientifique, les praticiens et les élus municipaux. C’est ce que fait Montréal avec l’organisme Ouranos, un consortium sur la climatologie et l’adaptation aux changements climatiques dont journaldesvoisins.com a déja parlé.

Camille Bégin conclut : « En s’alliant avec cet important partenaire, la Ville de Montréal veut construire ce pont entre la recherche (le savoir) et l’application (le terrain) afin de se démarquer dans sa façon de s’adapter et de préparer son territoire à faire face à cette nouvelle donne climatique. »

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