Local commercial vacant sur le boulevard Henri-Bourassa Ouest.(Photo: Philippe Rachiele, JDV)

Depuis quelques années, plusieurs résidants ont, bon an mal an, écrit au JDV pour se plaindre de locaux vides, non loués, aux devantures mal entretenues, sur le boulevard Henri-Bourassa à l’ouest du boulevard St-Laurent, notamment. La Ville de Montréal travaille sur la problématique des locaux vacants sur les artères commerciales à Montréal depuis quelques années également. Début 2020, plusieurs consultations publiques, organisées par la Commission sur le développement économique, urbain et de l’habitation, se sont tenues à Montréal dans divers arrondissements, notamment à Ahuntsic-Cartierville. Car notre arrondissement n’a pas été épargné par ce fléau. Un rapport a été produit qui a été soumis récemment au Comité exécutif de Montréal.

Émilie Thuillier, mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, affirme que l’arrondissement n’a pas analysé toutes les recommandations du rapport de la Commission, puisque certaines s’appliquent davantage à la Ville-centre et non à des arrondissements précis.

Travail avec l’arrondissement et les SDC

Karla Duval, relationniste pour la Ville-centre, assure toutefois que le Service du développement économique travaillera de concert avec les arrondissements, dont celui d’Ahuntsic-Cartierville, ainsi qu’avec tous les services concernés par les recommandations, pour favoriser leur mise en œuvre.

À Ahuntsic-Cartierville, les trois SDC de l’arrondissement, à savoir District Central, Fleury Ouest et Promenade Fleury, bénéficieront par ailleurs en 2021 d’un programme de soutien financier bonifié.

Selon la mairesse de l’arrondissement, le problème des locaux vacants est plus facile à gérer au sein d’une SDC, car l’organisme peut discuter avec les propriétaires. La SDC peut notamment les aider à trouver des locataires.

Émilie Thuillier explique aussi que la Ville n’a aucun contrôle sur l’esthétique des devantures ou des vitrines des locaux vacants lorsqu’ils ne font pas partie d’une SDC. Elle ne peut donc pas demander que ce soit joli ou même entretenu.

Youville s’active

Ceci dit, Mélanie Gagné, une autre relationniste de la Ville de Montréal, précise que les recommandations de la Commission visent à répondre au problème de la vacance commerciale, qu’il y ait présence d’une association commerçante ou non.

Sur la rue Lajeunesse dans Youville, où il y a beaucoup de locaux vacants, l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville travaille avec un groupe de citoyens. Des réunions permettent de discuter de certaines pistes pour régler le problème.

Dans ce secteur, des locaux sont sous surveillance.

Une rencontre aura bientôt lieu avec le poste de quartier puisque plusieurs ont l’impression que des choses possiblement louches se passent à l’intérieur de locaux supposés être fermés. Les citoyens pourront partager leurs observations à la police.

Trente-huit recommandations

Les consultations de la Commission avaient pour but de trouver des solutions à cette problématique. À partir des avis recueillis, la Commission a formulé 38 recommandations. En février 2021, le comité exécutif a formulé une réponse à ces recommandations.

En introduction de sa réponse, le Comité exécutif confirme qu’il y a un nombre élevé de locaux vacants sur certaines artères commerciales de Montréal.

« Un haut taux de vacance peut générer des impacts négatifs sur l’expérience sur rue, la vitalité des artères et donc ultimement sur la qualité de vie des Montréalais-es », peut-on lire dans la réponse du comité exécutif.

C’est pour cette raison que le comité exécutif juge essentiel de soutenir le secteur du commerce à Montréal et de s’assurer de la vitalité des artères commerciales.

Plan d’action déjà entamé

Divers plans ont été déployés dans les dernières années pour soutenir le secteur du commerce.

Ainsi, plusieurs recommandations énoncées par la Commission font déjà partie intégrante des plans d’action de la Ville de Montréal en matière de commerce.

Dans sa réponse, le comité exécutif affirme vouloir poursuivre le travail entamé.

Il indique aussi qu’il y a lieu de prioriser les recommandations suivantes :

  • Reconnaître le rôle crucial des artères commerciales dans la vitalité des milieux de vie;
  • Mieux documenter la situation commerciale et créer une base de données sur l’occupation commerciale;
  • Moderniser les services offerts aux commerçant-es;
  • Limiter l’étalement de l’offre commerciale pour consolider l’offre existante;
  • Améliorer la dynamique et l’environnement commercial en misant sur l’expérience sur rue;
  • Améliorer la compétitivité de la fiscalité municipale.

« Au cours des derniers mois, plusieurs mesures commerciales ont été déployées en lien avec les recommandations du rapport », indique Karla Duval.

Voici les mesures évoquées par la relationniste :

  • Appui important à la vitalité des artères commerciales par des mesures d’aménagement et d’animation;
  • Début des travaux pour la mise en place d’une base de données sur l’occupation des locaux commerciaux. Une première version sera disponible d’ici la fin de l’année;
  • Appui important de la Ville, par le biais de différents programmes, pour le soutien au virage numérique et la livraison urbaine;
  • Gel de taxes pour 2021;
  • Allègement du fardeau fiscal des plus petits immeubles non résidentiels pour une troisième année consécutive;
  • Réduction de l’écart du taux de taxation entre les locaux commerciaux et résidentiels;
  • Intégration des questions d’urbanisme commercial, dans les travaux de préparation du nouveau Plan d’urbanisme et de mobilité de la Ville de Montréal.

Espoir pour la suite…

Espérons que ces mesures rendront aux artères commerciales de notre arrondissement leur dynamisme mis à mal au cours des dernières années et tout particulièrement depuis l’entrée en vigueur des mesures sanitaires.

Pour l’instant la situation demeure compliquée à gérer selon la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville. Il est en effet difficile de distinguer les propriétaires honnêtes qui n’arrivent pas à louer leurs locaux même s’ils essaient, de ceux qui sont malhonnêtes, qu’il faudrait taxer car ils font tout pour ne pas louer et misent sur la spéculation.

« Il faut un règlement qui soit bon pour tout le monde », conclut-elle.



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Diane Ethier
2 Années

Notre mairesse, Emilie Thuiller nous dit que notre arrondissement n’a aucun contrôle sur l’esthétique des devantures de commerce, s’ils ne font pas partie d’une Société de développement commercial. Pourquoi ?
Nos élus n’ont-ils pas la possibilité de légiférer pour obliger les commerçants à embellir leurs devantures ? Ce ne sont pas les SDC mais nos élus qui ont le pouvoir d’adopter des règlements. L’argument d’Emilie Thuiller ne tient pas la route. Un autre prétexte pour nos élus leur permettant de se délier de leurs obligations. Les citoyens tiennent à la beauté de leur environnement et cela passe entre autres par des commerces qui soignent leurs façades et qui nettoient leurs devantures.A Paris, tous les matins, les commerçants nettoient le trottoir devant leurs boutiques. Un exemple à suivre.

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