Dans les derniers jours, le sondage publié par la Ville de Montréal au sujet du budget municipal 2021 a fait couler beaucoup d’encre. De nombreux experts et expertes ont publiquement critiqué le manque de rigueur et de professionnalisme du sondage.

Dépenses à la hausse, revenus à la baisse

D’entrée de jeu, il est important de savoir qu’au Québec, les municipalités ne peuvent être déficitaires. C’est-à-dire que les dépenses des gouvernements municipaux doivent toujours être égales (ou inférieures) aux revenus collectés.

La pandémie a frappé fort dans les économies des municipalités, plus particulièrement celles de Montréal, qui a été au centre de la crise.

La métropole a fait face à de gros défis auxquels elle a majoritairement bien répondu.

Toutefois, les principales sources de revenus de Montréal ont été grandement affectées. C’est le cas des transports en commun et des stationnements qui n’engendrent plus les mêmes revenus pour la Ville.

Ce qu’il faut en comprendre, c’est qu’il sera difficile pour l’administration de la mairesse Valérie Plante d’atteindre l’équilibre budgétaire avec des revenus qui sont autant à la baisse et des besoins qui se font criants.

Son administration lance une consultation municipale budgétaire 2021, ainsi qu’un document intitulé « Perspectives budgétaires 2021 » dans lequel la Ville explique son plan et consulte la population.

Deux éléments sont à retenir de ces documents. D’un côté, l’administration Plante souhaite avoir l’avis de la population pour savoir quelles compressions des dépenses municipales devraient être faites par son administration. De l’autre côté, son équipe demande au gouvernement du Québec et du Canada de lever temporairement l’obligation d’être non-déficitaire, afin de pouvoir relancer l’économie montréalaise.

Consultation mal fondée, sondage invalide

Malgré ce qui semble être une bonne intention, soit de sonder la population, de nombreux experts et expertes s’élèvent pour dénoncer la méthodologie du sondage.

C’est le cas de Claire Durand, professeur au département de sociologie de l’Université de Montréal et experte en méthode de sondage. Elle s’est confiée au Journaldesvoisins.com concernant ce qu’elle appelle « l’un des pires sondages qu’[elle a] vus de sa vie. »

« Ce n’est pas un vrai sondage, il y a trop d’erreurs. Les règles d’échantillonnage ne sont pas respectées. En plus, l’information de base est biaisée », déclare-t-elle.

La professeure Durand note de nombreuses erreurs dans ce questionnaire. Par exemple, le sondage n’est offert qu’en français;  il n’est pas possible de répondre « Je ne sais pas»; on peut répondre au sondage à de nombreuses reprises; on peut y répondre alors que nous vivons à l’extérieur de Montréal; et, en plus, la majorité des réponses se trouvent à l’intérieur des questions.

« Par exemple, on nous dit, avant la question, que la Ville a consulté un comité d’experts qui conseille d’obtenir du gouvernement du Québec la levée temporaire de l’obligation d’équilibrer son budget. La question no2, qui suit cette remarque, nous demande directement si le gouvernement du Québec devrait lever l’obligation d’équilibrer le budget montréalais », dénonce Mme Durand.

On demande donc à la population montréalaise si elle est prête à contester, ou non, l’avis d’experts plutôt que de réellement demander leur opinion.

Mme Durand note également que ce « fameux comité » sur lequel se base la Ville de Montréal pour défendre ses questions n’est jamais nommé dans le questionnaire.

« La population doit faire confiance à des experts, mais nous ne savons pas qui sont ses experts », s’étonne-t-elle.

Pour l’experte en méthode de sondage, ce questionnaire est tout simplement invalide.

« C’est simplement une opération de relations publiques. Le gouvernement de Montréal ne peut faire pression à aucun gouvernement avec les résultats de ce questionnaire », affirme-t-elle.

Choix de réponses inquiétants

Le sondage offre principalement deux avenues pour la population montréalaise : augmenter les taxes, ou diminuer les services.

Pour de nombreux citoyens et citoyennes, la première option n’est pas envisageable étant donné l’impact financier de la pandémie.

La deuxième option, quant à elle, vient avec une seconde question qui nous permet de spécifier notre préférence dans le choix des services à diminuer.

Voici les options : le service de police, la gestion des matières résiduelles, le chargement de la neige ou l’option « autre » où l’on peut spécifier notre réponse.

« Il y a un problème avec ces options puisqu’elles constituent toutes des responsabilités premières de la Ville », dénonce la professeure de l’Université de Montréal. « Il faut avoir d’autres choix. »

D’ailleurs, les résidantes et résidants d’Ahuntsic-Cartierville auront une grande difficulté à choisir, étant donné que ces trois options ont été critiquées cette année.

Un document qui manque de sérieux

L’organisme Montréal pour tous, dont Pierre Pagé est le porte-parole, a été mandaté par la Ville de Montréal afin d’offrir ses conseils sur le document prébudgétaire 2021.

« Ce document manque de sérieux », affirme Pierre Pagé, en entrevue avec le JDV. « Il y a des erreurs d’estimation importantes. »

Selon le porte-paroles de Montréal pour tous, les revenus municipaux mentionnés dans le document sont surestimés, alors que les dépenses sont nettement trop faibles.

« En ce sens, nous vous demandons des chiffres harmonisés avec [la réalité] », écrit M. Pagé à Benoît Dorais, maire de l’arrondissement du Sud-Ouest et président du comité exécutif pour la Ville de Montréal.

L’organisme Montréal pour tous souhaite donc une deuxième consultation qui, espère son porte-paroles, sera davantage prise au sérieux.

Bien que le sondage ait été critiqué à maintes reprises, les réponses à cette consultation municipale auront des répercussions dans les services offerts à Montréal, incluant ceux offerts dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

Il est important d’y participer afin de partager son opinion. On peut y répondre ici.

 

 

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2 commentaires
  1. ça donne rien de répondre la mairesse ne fait qu’a sa tête notre opinion ne l’intéresse pas du tout elle va faire ce qu’elle veut

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